Autorizzazione Tribunale di Roma n. 378 del 30/09/2005
 
Rivista bimestrale - Anno VI - n.23 - Gennaio-febbraio 2010
NOTIZIE ed EVENTI  



La columna rota (The Broken Column), 1944 - Oil
on masonite, 39.8 x 30.5 cm - © Collection Museo
Dolores Olmedo, Xochimilco, México



" Frida Kahlo y su mundo "

A Bruxelles, au Palais des Beaux-Aarts, l’'exposition "Frida Kahlo y su mundo" invite le visiteur à se plonger dans son monde: 19 toiles, une eau-forte et six dessins, la plus grande collection privée d'oeuvres de l'artiste, issue du Museo Dolores Olmedo et présentée en Belgique pour la première fois.(...)
Victime à 17 ans d’un dramatique accident d’autobus, l’ existence de Frida n’aura été qu’une suite d’interventions chirurgicales à une époque où la médecine tâtonnait. Plusieurs fausses couches et sa vie conjugale tumultueuse avec Diego Rivera, peintre majeur de la révolution, impriment à ses oeuvres une puissance et une beauté singulières. (...) L’exposition s’inscrit dans le cadre du Festival México; à l’occasion du bicentenaire de son indépendance et du centenaire de sa révolution, le Mexique se dévoile durant 3 mois de festival au Palais des Beaux-Arts comme une nation riche et complexe qui n’en finit pas d’imaginer et de déconstruire sa « mexicanité ".(...)
L'art de Frida est un double jeu de miroir qui a des accents d’appel à l’aide autant que de défi, de désir de vie comme de pulsion de mort. (...) Dans cette exposition (...) on y trouve en condensé son trajet artistique, depuis l’une de ses premières toiles à cet emblématique "Autoportrait avec petit singe" (1945).

On passe de la fraîcheur d’un talent qui venait de se découvrir – Diego Rivera parlera d’emblée « d’une sensualité vitale encore enrichie par une faculté d’observation impitoyable, quoique sensible » – à l’expression abrupte d’une sincérité à fleur de peau. Frida, en costume traditionnel, y semble appartenir au règne animal qui l’entoure, le petit singe que lui avait donné Diego l’enlaçant de ses pattes griffues aux côtés du xoloitzcuintle, chien à poil ras emblématique du passé nahuatl du Mexique, et d’une idole païenne recroquevillée. Et toujours ce regard dardé vers le spectateur, feignant l’indifférence. (...)
Frida Kahlo s’est toujours mise en observation,
depuis qu'un dramatique accident de bus, en 1925, l'a laisée

colonne, bassin et côtes brisés, alitée dans un corset. Un drame qui fonde sa peinture et un thème récurrent dans ses tableaux, telle la terrible "Colonne brisée" (La columna rota) de 1944. (...) Dans "Ma Nourrice et moi" (1937) on y surprend l’artiste, le regard fixe, avec un corps de bébé, au bras d’une nourrice à la peau de pierre volcanique et au visage d’idole. Le lait maternel perle des seins voluptueux mais reste au bord des lèvres inertes de Frida. Le bas du tableau comporte une bande à message comme pour les ex-votos qui fleurissent sur un mur de sa Casa Azul (Maison Bleue), à Coyoacán, mais il n’y a aucune prière d’inscrit. (...)
La force singulière de son oeuvre résiste à toute forme de schéma interprétatif, que ce soit par la psychologie des profondeurs que par les multiples événements qui ont cabossé son existence. Les incartades de Diego, y compris avec la propre soeur de Frida, les fausses couches, ses terrifiantes opérations, ses nombreuses idylles (dont une avec Trotski), sa sexualité libre se prêtent, il est vrai, facilement aux conjectures. (...).
Elle se rebiffe à coups de brosse vivement colorés, et comme l’artiste le fit elle-même lorsqu’André Breton voulut faire d’elle l’une des surréalistes. « Ces connards artistiques de Paris », avait-elle lancé, "On me prenait pour une surréaliste. Ce n’est pas juste. Je n’ai jamais peint de rêve. Ce que j’ai représenté était ma réalité."
"Le Masque" (1945) renvoie in fine tous les commentateurs à l’insondable ambiguïté de la condition humaine. Et à celle de Frida, l’artiste. Sa dernière phrase: « J’espère que la sortie sera joyeuse… et j’espère bien ne jamais revenir » ; son dernier tableau : "Viva la vida". (Xavier Flament)


Retrato de Luther Burbank, 1932 - © Collection
Museo Dolores Olmedo, Xochimilco, México


«Frida Kahlo y su mundo », Palais des Beaux- Arts, Bruxelles,
jusqu’ à 14 avril 2010

www.bozar.be



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